PROVINCETOWN PLAYHOUSE / Critiques

Robert Lévesque, Radio-Canada, Avril 2003
“Carole Nadeau prend la pièce de Normand Chaurette, et la bouscule complètement. Elle fait une espèce de spectacle visuel, à travers des miroirs, des effets de miroirs. Il y a une technologie assez extraordinaire là-dedans. Une scénographie où on ne sait jamais où sont vraiment les comédiens, parce qu’ils sont toujours en reflet dans quelque chose. Il faudrait aller voir ça, parce que je crois que Carole Nadeau a fait un travail absolument magnifique. C’est du David Lynch, presque. Il y a des apparitions, des figures qui se superposent, ça devient absolument fascinant. C’est une heure vingt de magie scénique. Je crois que Nadeau est peut-être la prochaine personnalité théâtrale. Je pèse mes mots. On appelle ça un tempérament de metteur en scène.”

Marie-Andrée Brault Cahier Jeu 108, Septembre 2003
“On a souvent opposé théâtre « à texte » et théâtre d’image comme s’ils constituaient deux voies résolument distinctes et irréconciliables de la mise en scène contemporaine. Ces expressions, si commodément généralisantes et restrictives qu’elles devraient susciter d’emblée la suspicion, n’arrivent toutefois pas à décrire de façon satisfaisante plusieurs œuvres théâtrales qui allient exigence du texte et recherche visuelle (et souvent sonore) dans des quêtes qui s’apparentent parfois à celle d’un spectacle total. Toutes les ressources de la technologie peuvent être mises à contribution, eu égard aux moyens dont disposent les créateurs, afin de faire de la scène le lieu du surplus de réel, du cauchemar, du songe ou de l’étrangeté. Carole Nadeau, femme de texte et d’image, réussit à s’imposer comme l’un des acteurs importants du renouvellement de la scène québecoise..”

Hervé Guay, Le Devoir, Avril 2003
“La mise en scène de Carole Nadeau fait se côtoyer les univers du personnage et sa réalité de psychiâtrisé avec une virtuosité rare. L’espace théâtral est occupé de main de maître, les images se bousculent entre les effets de miroirs translucides, les projections, les ombres et les reflets. La réalité est distordue, tout nous plonge dans la folie. L’effet Nadeau rend Chaurette méconnaissable : ce qui est sans doute le plus beau compliment à faire à un metteur en scène. Car personne d’autre n’aurait pu appréhender ce drame comme elle l’a fait. Avec pour résultat qu’elle en révèle essentiellement la part de monstruosité et de folie, ensevelie sous l’innocente beauté des jeux formels.”

Anne-Marie Cloutier, La Presse, Avril 2000
"Provincetown Playhouse est un spectacle disjoncté, inventif, éclaté, thriller, bédé et collage, révisité par Carole Nadeau, il est en effet méconnaissable. C’est fascinant. La scène est minuscule. Elle tient dans mon poing refermé. Par on ne sait quel prodige de la scénographie, elle paraît vaste. Elle est pourtant envahie d’un écran et de miroirs suspendus, les comédiens se déplacent sur une plate-forme incurvée, la structure est complexe mais aérienne. Le bonheur. Ici, le délire se poursuit et s’accentue. Des jeux de miroirs, il y en a. Les scènes s’entrechoquent, le récit se fragmente, s’interrompt de hurlements d’horreur, de personnages qui traversent la salle en courant, l’environnement sonore, riche, passe des Doors à une musique d’après-demain… Le thème de la folie, au coeur de la pièce, est traité avec puissance et efficacité. La frénésie du rythme et le découpage de la pièce concourent à nous faire entrer dans l’épicentre du délire. Provincetown Playhouse est à voir. À revoir. Ou à recevoir. Car, comme dans un party réussi, où musique, lumières, rencontres nous envahissent, tous les sens y sont sollicités.”